EN united-kingdom

FR france

colloques

L’influence de la mer dans l’histoire : première table ronde

Textes et enregistrements audio des interventions sur : Les ressources maritimes (Président : Philip de Souza) « Les ressources primaires de la mer sont-elles la condition indispensable et nécessaire de l'essor maritime ? »

Alioune DEME

 Archéologue, Université Cheikh Anta Diop, Dakar-Fann, Sénégal

 Les ressources maritimes du littoral atlantique ouest africain et du Sahara

En Afrique de l’ouest, durant l’Antiquité et le Moyen Age, la mer et les produits marins ont joué un rôle important dans le processus de formation et d’évolution étatique, dans les stratégies de subsistance, et dans les dynamiques socio-économiques. Le facteur eustatique (transgression marine) et le facteur climatique (sècheresse) sont à l’origine de ce rôle grandissant que jouent la mer et des produits marins dans la vie des populations.

Entre 7000 et 4200 BP, la mer envahit le littoral atlantique ouest africain et la Vallée du Fleuve Sénégal jusqu’à Boghe. Cet avènement communément appelé  transgression Nouackchottienne,  fut causé par  la montée de l’océan  favorisant le développement d’une faune laguno-estuaire avec des espèces telles que l’Arca senilis, l’Anadra senilis, entre autres. Par conséquent, les populations s’agglomérèrent autour du littoral pour exploiter les produits marins.

Cela est démontré par la présence de sites à amas coquillier tout le long du littoral Sénégalo-Mauritanien (de Nouadhibou au Delta du Sénégal). Les populations collectaient les huitres, pratiquaient la pêche à pied, à la ligne, au filet, au piège, et  au harpon  et chassaient les mammifères marins. Les occupations étaient parfois permanentes, parfois saisonnières.

A l’intérieur du continent, la présence de cours d’eau et de lacs au Sahara favorisait la pêche et la chasse aux mammifères aquatiques (hippopotames).

Donc, la transgression Nouackchottienne engendra des conditions écologiques  hostiles à l’implantation humaine dans la Moyenne Vallée du Fleuve Sénégal. En même temps, le Littoral Sénégalo Mauritanien, le Ferlo, et le sud de la Mauritanie offraient des possibilités pour la pêche, le ramassage des arches et des huitres, l’élevage et l’agriculture.

La situation changea à partir de 2500 BP. La mer se retire, favorisant l’écoulement du fleuve Sénégal jusqu’à son embouchure et l’assèchement des marécages dans la Moyenne Vallée. La dynamique fluviale favorisa la formation de levées insubmersibles (appelées levées post nouackchottiennes);  rendant de ce fait possible une occupation humaine permanente. En outre, la vallée offrait la possibilité de pratiquer pêche, élevage et deux saisons agricoles annuelles. Ainsi, à partir du dernier millénaire BC, la vallée commença à être occupée et de manière plus intense que dans le littoral atlantique, le Sahara, et le Ferlo. En fait des conditions climatiques et écologiques causèrent même le dépeuplement du Sahara et du Ferlo.

Au Sahara, la sècheresse s’accentua. Vers 2700 BP à Dhar Tichitt,  la flore méditerranéenne fut remplacée par les acacias (végétation sahélienne). Beaucoup de sites furent abandonnés à cause de ces conditions climatiques défavorables à l’occupation humaine et aux activités de subsistance. Ces populations sahariennes migrent vers les zones humides sahéliennes : les plaines d’inondation du fleuve Sénégal et du fleuve Niger.

Au Ferlo, on assiste à une invasion saline vers 2000 BP. Lezine considère cette dernière comme une véritable catastrophe écologique qui correspondait à une hausse du niveau de la mer et une baisse des apports d’eau douce d’origine climatique.

Avec cette attractivité de la vallée, on assiste à un phénomène d’osmose où des populations du Sahara et du Ferlo, chassées par la désertification, occupèrent de manière permanente cette terre d’abondance.

L’un des premiers sites à être occupé fut Walaldé (entre 800 et 1000 cal BC). Des données archéologiques issues de nos fouilles à Walaldé  montrent que le littoral Sénégalo-Mauritanien était en contact avec l’Ile à Morphil durant le dernier millénaire BC.  L’assemblage céramique de  Walaldé présente des similitudes avec ceux du lac Rkiz et du Delta du Sénégal. En outre, la poterie des premiers niveaux d’occupation de Walaldé montre des preuves de contact avec les occupants des sites mauritaniens de Boudhida  dans la région de Nouakchott (occupés par des bergers qui ont également chassé et pêché).

Si dans le littoral Sénégalo-Mauritanien, la pêche était une activité importante, tel ne semble pas être le cas à Walaldé au début et durant une bonne partie de l’occupation du site. Des ossements de poissons (issus de leur consommation) ont été trouvés dans les premiers niveaux d’occupation. Mais ces ossements ne sont pas associés à des indices d’activité de pêche. En fait, la pêche (matérialisée par la présence de poids de filets), semble être apparue plus tard, vers la fin de  la Phase II. Cela est prouvé par la présence de poids de filets dans des niveaux datés 380-171 Cal BC.

Vers le début du premier millénaire AD, la pêche semble devenir une activité plus importante. Des données issues de Kaskas semblent indiquer l’existence de spécialisation économique et spatiale, car de larges sites furent occupés par des pêcheurs.

Durant la période médiévale. L’arrivée de l’Islam au 8eme siècle engendra des échanges entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord. Le sel joua  un rôle économique et géopolitique important dans ses échanges connus sous le nom de commerce transsaharien. Le sel venait du Sahara et était issu du  dessèchement  des lacs continentaux sahariens ; les transformant en mines. Ce sel était une source de revenue importante pour les Berbères car il s’échangeait, selon les auteurs Arabes, contre trois fois le prix de l’or.  Cet or venait des zones forestières  qui ne produisaient pas de sel. L’une de ces mines de sel, (la mine de Teghazza) sera l’une des causes du conflit entre le Maroc et l’empire Songhai qui  aboutit à a la défaite des Songhaï à Tondibi  en 1591, marquant ainsi la fin de la période des grands empires au Sahel.

--------------------

Jim GALLOWAY

Chercheur indépendant, Irlande

 My approach to these questions is that of a researcher interested in the coastal zone, viewed in the context of the wider economic and environmental history of medieval England (on which most of my own research has focused), Ireland (where I live) and Scotland (where I was born). I am primarily interested in the impact which interacting natural and socioeconomic forces have had upon the lives of ordinary people rather than elites, and with the production and exchange of foodstuffs, fuel and other bulky commodities rather than luxury goods.

  1. What resources were supplied, directly or indirectly, by the sea in the ancient and medieval periods?  

The two large islands of Britain and Ireland are penetrated by numerous estuaries, river mouths, inlets and bays, and surrounded by many other small islands. Great lengths of coastline fringe comparatively small areas of land, meaning that maritime and tidal influences have had a great impact upon the terrestrial environment and upon human activity. The most land-locked place in Britain is only some 113 km from the open coast and just 72 km from the nearest reach of tidal water. Maritime resources were thus potentially available to a large proportion of the population in the medieval period.

Among the resources most widely exploited were coastal and estuarine fisheries. In addition to the major fishing ports which arose in the medieval period, local fisheries lined the coasts and estuaries across Britain and Ireland and extended up the tidal reaches of rivers, using fixed fish-weirs and nets operated from shore or small boats. Other edible resources included shell-fish, marine mammals and certain types of sea-weed. Salt manufacture was also widespread, and was often controlled by inland estates which had access to the woodland resources needed to fuel evaporation pans. Particular concentrations of salt manufacture took place around the south and east coasts of England, and the Firth [estuary] of Forth in eastern Scotland where peat and, later, coastal coal reserves fuelled evaporation.

The sea facilitated the import of those materials, such as the alum required by cloth-dyers, which permitted the fuller exploitation of terrestrial resources. It also encouraged the coastwise distribution of surpluses of grain, fuel and other products, promoting a degree of market integration: grain price volatility in southern England was lower in coastal and estuarine locations c.1300 than further inland, while centres like London and Exeter, linked by regular coastal traffic, displayed synchronised wheat price movements. Bulky firewood was transported by coast, and was exported from the Weald of SE England to Picardy and Flanders, while mined coal from NE England, consumed in London and elsewhere, was from an early period known as 'sea-coal'.

Seaweed and calcareous sand were locally important as fertilisers and soil improvers, notably in many coastal parts of Scotland, the south-western peninsula of England, and southern and western Ireland. We should also count reclaimed land as a resource wrested from the sea in the medieval period. Embankment and drainage of salt-marsh and mudflats around estuaries and open coasts increased the area of arable and pasture land between c.1000-1300, and intensified patterns of exploitation. Such lands were often highly productive, but were threatened by the storm-flooding associated with late medieval climatic deterioration and economic recession.

  1. Were certain communities or groups dependent upon maritime resources for their survival?

It is difficult to envisage the survival of communities in parts of western Scotland (e.g. the Hebrides) and western Ireland (e.g. Connemara) in the medieval period without access to maritime resources and in the absence of maritime influence. Climatic amelioration produced by the Gulf Stream (NAD) significantly raises winter temperatures, and permitted extended and even year-round grazing of livestock. Seaweed, and calcareous sand transported by the wind or human labour, helped to neutralise the acidity of peat-derived soil and to increase fertility, allowing cultivation of grain. Together with other maritime resources, including fish and seabirds, these factors permitted the survival and growth of communities in a harsh environment.

Where challenging but less extreme conditions prevailed, as in Devon and Cornwall (SW England), sand and seaweed were also used to improve soils, while coastal fishing provided a by-employment for members of inland farming communities, leading to the establishment of seasonal and (towards the close of the middle ages) permanent fishing settlements on the coast. In the generally prosperous south-east, fishing provided a supplementary income for poor townspeople and land-poor rural families.

Marine flooding, often associated with North Sea storm surges, repeatedly breached sea-walls and damaged reclaimed lands in eastern and southern England between the late thirteenth and early sixteenth centuries. Some previously cultivated lands reverted to inter-tidal conditions, threatening the livelihood of peasant farmers. However, the flooding opened up new opportunities for fishing, and fish-weirs were commonly located on flooded marshland; the sea had destroyed with one hand, and given back at least a limited livelihood with the other.

  1. To what extent did access to maritime resources and/or control over those resources make certain communities or peoples more prosperous and powerful?

Port towns were disproportionately represented amongst the urban hierarchies of medieval Britain and Ireland, reflecting the role of overseas and coastal trade in generating wealth. Six of the ten largest Welsh towns c.1300 were sea-ports, as were seven of the twenty wealthiest towns in England in 1334; moreover, several others were directly linked to the sea by out-ports or tidal water. In Scotland and Ireland the influence of the sea upon urbanisation was even more marked. Virtually all Scottish burghs were on or close to the coast or estuaries and tidal rivers, while the major Irish towns, most of which had Viking or Anglo-Norman origins, were concentrated on the eastern and southern sea-boards. The decline of the English lordship in Ireland in the later middle ages left these towns with a high degree of autonomy, linked to trading partners in England, France and Iberia but with limited and sometimes hostile inland hinterlands.

The position of London, by far the largest urban settlement in Britain and Ireland and the emergent political capital of England, was under-pinned by its location at or near the tidal head of the River Thames, the estuary of which gave access to the trade of continental Europe. The role of the sea in London's pre-eminence was acknowledged since at least the 8th century when Bede, writing of Lundenwic (located immediately to the west of the Roman and later medieval walled city) described it as 'the metropolis of the East Saxons...an emporium of many peoples, coming by land and sea'. Centuries later, command of the 'narrow seas' commerce with the Low Countries gave London a virtual stranglehold on English overseas trade: over 60% by value in the late fifteenth century, a share which increased even further in the following 50 years.

Sea and coastal routes also bolstered London's position by giving access to emergency supplies of food and fuel: although most of the grain consumed in London came from the city's immediate hinterland, supply lines could be extended coastally or overseas in times of shortage, while coal shipped from the north-east supplemented local wood resources. Imports of preserved fish constituted an important supplementary source of nutrition. Awareness of the centrality of the Thames navigation to their prosperity and freedom from hunger led Londoners to seek and assert jurisdiction over the river and its estuary, an exercise of urban political power unusual in England. Attempts to control fishing practices in the Thames Estuary, however, led to repeated conflict between London authorities and the inhabitants of smaller port towns in the later middle ages.

Power, as expressed through urban hierarchy and trade networks, was thus profoundly influenced by access to and control of maritime and estuarine resources in the medieval period.

--------------------

Jean-Claude HOQUET

Directeur de recherche émérite, Université de Lille III, France

Qu’appelle-t-on « développement maritime » ? S’agit-il du développement d’activités liées à la mer, telle que le développement des ports et l’industrialisation des zones portuaires, les trafics sur des axes maritimes, la valorisation des produits ayant emprunté les routes maritimes (raffineries de pétrole, industrie chimique, sidérurgie sur l’eau, etc) ? Les constructions navales, etc. Il s’agit alors de développement des littoraux qui s’inscrivent sur le continent au contact de la mer et des fleuves. Ces derniers sont indispensables pour les relations avec l’arrière-pays (les ports d’estuaire). A défaut il a fallu creuser des canaux (ainsi à Dunkerque) ou développer les infrastructures qui relient le port à son arrière-pays (voies ferrées, routes, pipe-lines à Marseille).

Autres questions annexes : Quelles ressources sont fournies directement (par exemple poisson et sel) ou indirectement (produits naturels ou minéraux transportés par bateau) dans les mondes anciens et médiévaux ?

A côté des ressources citées, produites en mer (poisson) ou à partir de l’eau marine (sel), on peut encore citer des produits tinctoriaux, ainsi le murex dont on tirait la pourpre, les éponges, le corail. S’agissant du transport maritime, tout produit est susceptible d’être transporté par mer, les minerais, les produits énergétiques, les grains, l’huile et le vin, même les esclaves, le bois et la pierre. La mer joue alors un rôle absolument fondamental : un grand port échappait mieux à la famine qu’une riche région agricole jamais à l’abri de mauvaises récoltes successives, le port envoyait ses navires et ses marins prospecter toutes les zones agricoles même lointaines susceptibles de disposer de surplus. A la fin du xvie siècle, quand la disette a sévi sur la quasi-totalité des rivages méditerranéens, les vaisseaux hollandais sont descendus massivement avec les grains polonais vers les ports méditerranéens. La complémentarité sel/poisson n’a pas besoin d’être présentée : cependant ce ne sont pas les mêmes populations qui se livrent à cette double exploitation, l’une est de caractère agricole et paysan, sédentaire, l’autre est exclusivement marine et nomade lancée à la poursuite du poisson, mais le sel est l’agent principal de conservation d’une ressource éminemment périssable, le poisson ou les coquillages, et l’industrie des salaisons a laissé de nombreux vestiges, cuves à garum ou tumulus de calcaires coquilliers en bordure de mer, à proximité d’écluses à poisson ou de pêcheries.

Certaines communautés, ou certains groupes dépendent-ils pour leur survie des ressources maritimes ?

C’est l’humanité toute entière qui dépend pour sa survie de l’abondance et de la variété des ressources marines et il serait bien que l’on prenne conscience de ce fait en cessant de polluer, d’acidifier les eaux, de surexploiter la ressource. La disparition des bancs de morue de Terre Neuve aurait dû alerter depuis longtemps, certains procédés de pêche devraient être non pas encouragés mais interdits (ainsi les filets électriques équipant les navires hollandais).

Dans quelle mesure l'accès ou le contrôle de ces ressources rendent certaines communautés ou populations plus fortes ?

J’ai développé dans l’exposé un double point de vue. Les populations qui exploitaient/produisaient le sel en cultivant des salines ont rarement fait fortune et menaient une existence misérable de travailleurs pauvres obligés de céder leur récolte à bas prix à des marchands ou à des patrons (maîtres ou locatores bourgeois) qui avaient réussi à s’insérer dans le processus de production grâce à des investissements, ou à des monopoles étatiques instaurés par la ville, le prince ou le roi. Ces derniers organisaient le transport, le commerce et la distribution du produit en prélevant à chacune des étapes du processus de très lourdes taxes sur un produit indispensable. La taxation procurait à son bénéficiaire des revenus considérables. Quant à la pêche, il est habituel d’opposer le pauvre pêcheur rémunéré à la part à l’armateur qui peut armer une flottille de pêche et multiplier ainsi les gains. L’économie maritime n’échappe pas aux tendances profondes de l’économie globale. Même la guerre de course ou la piraterie se concluent par un partage du butin dont la portion congrue est destinée aux marins et aux hommes d’équipage, raïs et armateurs qui opèrent le partage se réservent la plus grosse part. La ressource venue de la mer enrichit ceux qui disposent du pouvoir de décision et du capital.

Pourquoi certains producteurs de ces ressources maritimes n'en tirent-ils pas profit ?

Ils ne sont pas maîtres de l’outil de production, la saline, le bateau de pêche et les filets, la barque corsaire et son armement et n’ont aucun contrôle sur la commercialisation. L’exploitation raisonnée des ressources maritimes n’enrichit pas ses opérateurs, elle leur procure simplement subsistance et moyens d’échange, elle fortifie l’État et la nation, les exemples abondent, les républiques maritimes italiennes après Athènes, Carthage et les ports phéniciens, les royaumes ibériques, la Hanse puis la Hollande et l’Angleterre, aujourd’hui on voit bien que les pays africains tirent peu de profit de leurs ressources halieutiques exploitées par des compagnies étrangères (chinoises, japonaises, russes, norvégiennes ou européennes) disposant de capitaux abondants et maitrisant les techniques les plus avancées, ainsi le repérage des bancs de poissons par l’observation des satellites ou les techniques du froid et de la congélation à bord dans des navires-usine..

 --------------------

 Daniel SANDWEISS

 Professeur d’anthropologie, Université du Maine, Etats-Unis

 I view this question from an archaeological perspective based in New World prehistory. There are fascinating questions on this topic concerning the Old World (Europe, Africa, Asia, also Australia), but I leave those to my colleagues who work there.

There are two ways to consider the role of marine resources in prehistory: logistics (modeling) and archaeological data. These are like the two sides of a coin. Concerning logistics, we can ask what resources should have been available to people at different times, different places, and with different technologies. We can then consider how people might have used these resources as well as terrestrial resources. The outcomes of such mental exercises can guide the search for archaeological remains to test the models we create for past human behavior. For instance, let’s think about islands. Unless an island was once connected to a mainland by a land bridge when sea level was lower, then watercraft were necessary for humans to populate the island. If the islands have abundant marine resources but few terrestrial resources, we can postulate that all cultural development took place on a maritime economic base. A case in point would be the Aleutian Islands between the North Pacific Ocean and the Bering Sea. These islands have abundant fish, mollusks, and sea mammals but almost no terrestrial food sources. Archaeology and ethnohistory of the Aleutians indicates a modest level of social complexity, what used to be called petty chiefdoms. Here, then, we have a case in which marine resources and technology were critical to development. We could expand the case by looking at islands throughout the world, construct a range from all marine to mostly terrestrial resources, and construct a spectrum that will help us recognize the ways in which marine resources affect development.

From the perspective of archaeological data, we can look at what archaeologists find in sites and try to draw lessons about marine resource use and importance from those finds. For instance, archaeologist Michael Moseley excavated Late Preceramic Period sites on the central coast of Peru in the 1960s. This period, from about 5800 to 3600 years ago, was when large-scale monuments reflecting growing complexity were first build in this area. Moseley found that all of the sites drew their animal protein almost exclusively from the ocean. Although they also had domesticated plants, the most common were cotton for nets and gourds for floats and containers—no food plants. He proposed that coastal Andean civilization was founded on a maritime economic basis. This idea has been hotly debated but is still supported by the data.

There are many questions that we might ask from both the logistics and the archaeological perspective. What resources were supplied, directly (e.g. fish and salt) or indirectly (e.g. natural products or minerals transported on ships) by the sea in the ancient and medieval periods? This can be both a modeling exercise (what resources existed at a given time and place, taking into account available technology?) and an archaeological one (what resources show up in particular sites and where did they come from?).

Were certain communities or groups dependent upon maritime resources for their survival? Islands are again excellent natural laboratories to ask such questions, but one could also look at coastal zones that were circumscribed either by infertile landscapes or hostile human groups. Another case in point is the initial colonization of new lands, in particular Australia and the Americas. Ancient Australians had to arrive by sea. Ancient Americans almost certainly crossed the Bering Land Bridge—but did they come through the interior or along the coast, and did they move south along the shore or within the continent? A coastal route for peopling of the Americas was suggested in the late 70s and has gained new currency recently. Logistically, coastal routes offer similar, recognizable resources the entire way from Alaska to Tierra del Fuego and relatively easy travel. Interior routes offer geographic barriers and highly diverse resources that might require technological innovation. Archeologically, most of the earliest sites are on or near coastlines.

To what extent did access to maritime resources and/or control over those resources make certain communities or peoples more prosperous and powerful? There is documentary evidence from the coast of Peru that maritime trade into what is today Ecuador was controlled by the Chincha, a kingdom within the Inca empire of the late 15th and early 16th centuries. They traded various goods for the sacred Spondylus shell that was essential to rituals to guarantee water—a critical necessity in this desert region, particularly for the farmers. There is strong circumstantial evidence that the Spondylus trade was previously run by the Chimu Empire, rivals to the Inca who were conquered just before Chincha was enticed into the Inca Empire—perhaps by the offer of the maritime trading franchise.

Why did some producers of maritime resources fail to profit from them? From a logistics perspective, we can look at questions of relative demography, of alternate resources, of technology, of military prowess, and other factors. Archaeologically, we can assess the hypotheses derived from logistics by compiling a series of case studies from most to least successful. What are common factors among successful maritime producers? Among those who failed to profit?

Another set of questions concern the spread of information by maritime routes. Who went where, when did they go, what technological and cultural information did they carry, and what impact did it have? Here, we might think of Oceania, which was entirely settled by sea and mostly if not entirely from Asia moving west. What was the nature of contact with South America? New data show that Heyerdahl was not entirely wrong—contact took place, but how much? By whom? What did it mean or development?

A final set of questions regards the nature of the archaeological record. In addition to all the usual processes that deteriorate archaeological sites and remains, changes in sea level with the ice ages have drowned many sites, particularly early ones. How do we account for all of these biases as we attempt to understand the prehistory of marine resource use and importance?

I look forward to a lively and enlightening discussion on these issues and the others my colleagues have raised.

Accéder à la médiathèque